vendredi, 18 avril 2008

Technique, performances et rentabilité : c’est l’hôpital du XXI ° siècle

Ce soir devant mon écran guettant les décisions de notre cher Président sur la réforme de l’hôpital je me suis sentie blessée quand il a été abordé et prouvé par un reportage sur la nécessité de donner à certaines infirmières des tâches incombant aux médecins.

927678120.jpgC’est plus qu’un billet d’humeur, que je rédige ce soir, mais l’expression d’une profonde déception et de colère. Dans le déroulement de ma carrière hospitalière au fil du temps j’ai pu constater combien les aides-soignantes se sentaient valorisées en accomplissant des actes infirmiers, et des infirmières, de moins en moins attirées par des actes de confort aux malades s’épanouissaient beaucoup plus dans des actes techniques. Pour faire simple : chacun rêvant d’être à la place de l’autre, attention ! A la place supérieure, le contraire devenue impossible. Pas tout le monde, c’est vrai… mais de plus en plus et avec la complicité de cadres inexistants et  des directions plus concernées par la rentabilité, on me le confirme régulièrement et j’en suis attristée car la rupture est nette avec l'hôpital d'hier où le malade n'était pas un lit "chaud" mais un malade à prendre en charge dans sa totalité.

1098853867.jpgAlors ce soir on est au summum de l’irrationnel. Nous manquons d’infirmièr(e)s compétentes et humaines et voilà que l’on veut en faire des « assistantes médicales » qui feraient des consultations… et dans le temps et selon les patrons quoi encore ? C’est bien le moment de nous bassiner (que je suis en colère) sur l’accompagnement de nos malades, et l’humanisation des nos hôpitaux…Pour être vraie, une directrice de soins infirmiers très inquiète  m’avaient alertée de cette possibilité .

 

Quel système de santé nous prépare t-on ?

A chacun ses choix, mais moi si par malheur, je devais être hospitalisée, je ne veux pas d’infirmières ravies de ne plus en être, mais bien d’une infirmière fière et aimant son métier. J’aurai besoin d’aides soignantes, et je pense à une en particulier, ne refusant pas son statut, mais se l’appropriant totalement en étant à l’écoute de ses malades. Que l’on doit être bien quand on a la chance d’être prise en charge par elle, même si il lui arrive d’être découragée par des comportements outrageusement contraire à une éthique professionnelle.  Hier encore il m’a été raconté comment une malade s’est fait vertement remise en place pour n’avoir su retenir ses urines alors qu’elle sonnait depuis un certain temps…J’ai vu des personnels véhiculer des malades en brancard sans adresser un mot de réconfort, quand ce n’est pas en racontant leur dernier accrochage avec un collègue…. A une époque, découragée et pas soutenue je m’étais mis en tête d’écrire un livre et puis c’était devenu impossible tant sur ce que je vivais professionnellement que personnellement…

1408305008.jpgConclusion : Il m’est impossible d’accepter cette réforme du moins concernant les infirmières... et j'assume si certains me qualifient de quelqu'un qui refuse le changement. Pour moi le vrai changement serait de retrouver des personnels concernés par leurs malades. Depuis les infos, je tempête et je n’ai pas encore eu le temps de réfléchir sur le reste.

(Photos prises sur internet)