mercredi, 19 décembre 2007
L'hypocrisie un mal moderne ?
Suicide assisté, le cas des Pays-Bas
EUTHANASIE | 00h05 Du côté d'Amsterdam, on a légiféré en matière de droit à l'assistance au suicide. Sans résoudre les débats autour du droit à la mort sur ordonnance. En Suisse, certains mettent pourtant en avant l'exemple néerlandais.
SABINE CESSOU, AMSTERDAM | 17 Décembre 2007 | 00h05
Une loi pour le suicide assisté? Pour l'instant, la Suisse repousse l'idée. Hier, dans la NZZ am Sonntag, Eveline Widmer-Schlumpf, qui devrait succéder à Christoph Blocher au Département de justice et police, a elle aussi estimé qu'une inscription dans la loi n'est pas nécessaire.
Pourtant, certains médecins et politiciens, dont l'oncologue socialiste tessinois Franco Cavalli, dénoncent l'hypocrisie de la pratique suisse et mettent en exergue l'exemple des Pays-Bas.
Du côté d'Amsterdam, on a été en effet les premiers, en Europe, à avoir légalisé l'euthanasie. Avec une loi adoptée en 2001, qui est entrée en vigueur l'année suivante. Depuis, les bilans sur les résultats de cette politique se succèdent, de même que les débats sur le suicide assisté.
Ce droit à la mort sur ordonnance est revendiqué par trois associations néerlandaises, parmi lesquelles la fondation De Einder (Horizon). Leur objectif: donner un choix aux personnes qui se savent condamnées ou n'ont pas de raisons médicales de vouloir mourir, et qui n'entrent pas dans les critères définis par la loi sur l'euthanasie.
Quatre cents candidatsau suicide
Un cocktail de médicaments mortels ne peut être légalement administré par un médecin aux Pays-Bas qu'en cas de maladie incurable ou de souffrance intolérable, à des patients l'ayant par ailleurs demandé en toute conscience. Chaque année, De Einder reçoit quelque 400 candidats au suicide, qui ne sont finalement que 10% à passer à l'acte, après avoir reçu des informations détaillées sur le meilleur moyen d'en finir.
L'euthanasie légale, elle, a été pratiquée sur 1900 personnes en 2006, soit 1,4% de toutes les morts recensées. Dans 20% des cas, elle n'est pas déclarée, estiment les autorités médicales du pays. En cause, un processus trop bureaucratique. Les médecins sollicités doivent en effet déposer un dossier argumenté auprès d'une commission régionale, qui le soumet ensuite à l'avis d'un autre médecin indépendant.
Cinq ans après l'adoption de la loi, le nombre d'euthanasies va en baissant, tandis qu'une hausse de 11% de sédations palliatives a été constatée entre 2001 et 2005.
Ces soins, qui ne nécessitent pas d'autorisation spéciale, consistent à plonger le patient dans un profond sommeil et à ne plus l'alimenter, pour laisser la maladie l'emporter. «Le glissement de l'euthanasie vers la sédation palliative était une tendance déjà sensible depuis un certain temps», affirme la députée conservatrice Anouchka van Miltenburg. Plus de 9600 cas de sédation palliative ont ainsi été déclarés en 2005, soit 7% de toutes les morts.
«Cette procédure n'est destinée qu'à des personnes n'ayant plus qu'une très courte espérance de vie, une semaine ou deux tout au plus, précise Reina de Walk, la présidente de la Commission gouvernementale sur l'euthanasie. C'est contraire à l'éthique médicale d'endormir quelqu'un disposant d'une plus grande espérance de vie, et de cesser de l'alimenter. C'est de l'euthanasie par d'autres moyens.»
Les soupçons qui pèsent sur les pratiques de médecins peut-être pas très regardants sur les procédures ne sont pas encore étayés de preuves.
Cependant, la loi sur l'euthanasie, qui renforce la protection juridique des praticiens, semble avoir prouvé ses limites. Selon une étude sur «l'auto-euthanasie» publiée en mai par Boudwijn Chabot, un psychiatre d'Amsterdam, 4400 personnes se suicideraient chaque année après consultation avec leur entourage.
Ce sont pour la plupart des personnes âgées, qui seraient 1600 à se laisser mourir en cessant de boire et de manger
.........................................................................................................................................................................................................................Voici un article de plus sur toutes les questions liées à la fin de vie. Il faut que je vous confie qu'après 29 mois de blog je me sens vidée. Avec conviction j'ai multiplié mes déclarations sur :
- la nécessité d'offrir à la population une médecine de proximité
- la formation des médecin sur le traitement de la douleur et del'accompagnement et l'écoute
- l'incontournabilité d'un dialogue de confiance malade / médecin
- sur l'obligation d'ouvrir des centres de soins palliatifs et centres de la douleurs dirigées par des personnes conscientes de leurs responsabilités et non sollicitées par des hôpitaux soucieux de mettre en valeur leurs structures par une vitrine de plus ouvrant à subventions.
- le droit à chacun de pouvoir dire et être entendu, puis aidé quand le "je n'en peux plus aidez-moi" est insistant, répétitif et justifié.
Une fois de plus j'en suis avec mon "refrain" que les habituels connaissent bien, que ceux de passage vont découvrir. A ce jour je le répète je ne sais plus comment vous témoigner mon engagement. Je vais probablement prendre quelques semaines pour réfléchir, me ressourcer, me détendre afin de revenir vous diffuser des informations et peut être ajouter "mon grain de sel" (comment pourrais-je faire autrement parfois !!!!!!).
Je terminerai sur deux phrases de l'article :
"400 candidats au suicide, qui ne sont finalement que 10% à passer à l'acte, après avoir reçu des informations détaillées sur le meilleur moyen d'en finir". Ce qui signifie que le possible n'est pas le passage à l'acte obligé, loin s'en faut et tant mieux.
"Cinq ans après l'adoption de la loi, le nombre d'euthanasies va en baissant, tandis qu'une hausse de 11% de sédations palliatives a été constatée entre 2001 et 2005". Le seul commentaire que j'apporterai vise la politique de santé de notre pays. Les promesses électorales sont passées, mais pas oubliées... nous attendons en toute urgence la mise en application du souci de Monsieur Sarkozy et de madame Bachelot sur les conditions de fin de vie de leurs concitoyens.
15:15 Publié dans DIRE LA VIE (2002/2006 ) | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : euthanasie, accompagnement, liberté, droit du malade, politique de santé
mardi, 18 septembre 2007
Modèle de directives anticipées à visée Soins Palliatifs
DIRECTIVES ANTICIPEES
« adaptation du testament de vie , suggéré par le Dr Abiven en juin 2003)
Je soussigné(e)
Née le
Adhérent à la Charte des Soins Palliatifs , précise les points suivants :
1- (En tenant compte de ce que je désire en connaître), je souhaite être informé de l’évolution de ma maladie de façon simple et loyale, m’aidant à cheminer vers l’acceptation de ma fin de vie. Parallèlement, ma famille doit bénéficier de la même approche.
2- Je refuse les thérapeutiques et les examen dont le but ne seraient pas de privilégier la qualité de vie. Cette attitude doit prévaloir aussi bien qu’il s’agit de l’évolution terminale d’une maladie chronique que d’un accident aigu.
3- La prise en charge de douleurs physiques doit faire appel aux techniques confirmées et actualisées. Si mon médecin rencontre des difficultés dans la mise en œuvre des traitements, je lui demande de consulter un spécialiste(algologue) de la même façon qu’il le ferait pour une maladie cardiaque. Dans les cas extrêmes, j’accepte de bénéficier d’un sommeil induit mais intermittent.
4- Je souhaite bénéficier, ainsi que ma famille et mes proches, d’un accompagnements par une équipe pluridisciplinaire incluant des bénévoles, et à chaque fois que nécessaire d’un psychologue, (et si je le désire, d’un soutien spirituel ou religieux)
5- Si je suis atteint de troubles cognitifs (maladie d’Alzheimer ou apparentées) je demande à être traité(e) comme une personne à part entière. Que mes proches et les soignants m’aident à utiliser au mieux mes facultés restantes, en particulier celles correspondant(es) à mon affectivité et à mes spiritualité. Je souhaite qu’aune intervention chirurgicale ou médicale autre que celles destinées à soulager un état douloureux ne me soit prescrite.
6- Dans mon grand âge, cette attitude doit également prévaloir.
7- Je refuse : préciser les traitements refusés
8- Je refuse tout geste d’euthanasie
9 - (Je désire être soigné et mourir dans mon lieu de vie, dans les limites du raisonnable)
10 - Tout médecin qui ne partage pas mes convictions et qui ne sent pas dans la capacité d’assurer mes souhaits est autorisé à me confier à un autre confrère
11 - Au cas où je serais dans l’incapacité d’exprimer mes volontés, je désigne comme personne de confiance Monsieur ou Madame : nom, prénom, adresse, tel)
Fait à : date signature
........................................................................................................................................................................ Ce Ce modèle de directives anticipées s’adresse plus particulièrement aux personnes qui se désirent se confier aux Unités de Soins Palliatifs (si leur département en possède). Il peut être modifié selon vos volontés comme tous les autres d’ailleurs.
Vous en trouverez d’autres modèles dans ce bloc-notes. Pour une recherche rapide utilisez le moteur de recherche Blog– It– Express (colonne de droite). En quelques secondes à partir d’un mot, vous accéderez à toutes les notes comportant ce mot.
10:25 Publié dans DIRE LA VIE (2002/2006 ) | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : directives anticipées, soins palliatifs
vendredi, 24 août 2007
Relation d'AIDE : la confrontation
Suite et fin d’un document tiré d’un livre sur la relation d’aide. Désolée je n’ai plus la référence,ayant donné ce livre à mon départ à la retraite).
« Dans une relation d’aide il est possible que le client oppose une vive résistance à une confrontation. Certain conseille de ne pas insister. Il faut cependant savoir que même si le client résiste à une confrontation immédiatement après celle-ci, il est bien possible qu’à moyen ou long terme, cela l’amène à faire des prises de conscience qui lui sont nécessaires. Il est vrai que la confrontation ne produit pas toujours les effets espérés; néanmoins, rester passive devant les contradictions ou distorsions du client, de crainte qu’il n’accueille pas une confrontation de façon idéale, expose ce dernier à ralentir son évolution personnelle vers une vie plus satisfaisante ».
13:40 Publié dans DIRE LA VIE (2002/2006 ) | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : relation d'aide, confrontation
dimanche, 11 février 2007
Un projet à soutenir, une candidate à aider
C’est intentionnellement que je recopie un extrait de la réponse de Ségolène Royal (note du 10 février)
« C’est pourquoi je me déclare favorable si je suis élue, au dépôt d’un projet de loi « Vincent Humbert », ainsi que le propose d’ailleurs le projet du Parti socialiste. Cette loi permettra aux médecins, dans des conditions strictes du respect de la volonté de leur patient et d’accompagnement, d’apporter une aide active aux personnes en phase terminale de maladie incurable ou placée dans un état de dépendance qu’elles estiment incompatible avec leur dignité »
Il est toujours possible de polémiquer sur un mot, une intention qu’on peut lui prêter, mais à ce jour, elle est la seule à avoir pris postion et signé cet engagement.
Je n’engage que moi : son adhésion à un projet de loi sur la fin de vie incluant la possibilité d’une aide active à mourir retient toute mon attention d’autant qu’elle a eu soin d’inclure cette possibilité dans une démarche d’accompagnement.
Une vie, un travail, m’ont conduite dans la rédaction de ce bloc-notes à prendre soin de ne pas séparer soins palliatifs et aide active à mourir... J’ai toujours associé la notion d’accompagnement (écoute et respect) à l’aide à mourir selon le sujet de la note. C’est pourquoi je vous invite à diffuser la réponse de Ségolène Royal auprès de vos ami(es) concernées afin que nous puissions l’aider, à imposer son projet à l’Assemblée Nationale si elle devait un jour occuper la plus haute fonction de l’Etat,
Cette note ne se situe pas dans une relation d’amour et de confiance absolue, cependant j’ai envie de lui faire confiance… et si elle devait être Présidente de la République, il faudra qu’elle soit portée, ou bousculée par cette confiance… non pas par la mienne, mais par toutes celles qui attendent trop souvent dans la passivité depuis des années ce qui n’a pas poussé nos politiques à écouter toutes les sensibilités qui s’exprimaient.
00:00 Publié dans DIRE LA VIE (2002/2006 ) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ségolène Royal, élection
lundi, 13 novembre 2006
Le nombre d'euthanasies progresse en Belgique
Agence France-Presse
Bruxelles
« Quatre ans après l'entrée en vigueur en Belgique de la loi autorisant l'euthanasie sous certaines conditions, le nombre d'euthanasies déclarées continue à progresser, selon un rapport d'une commission d'évaluation dévoilé vendredi par l'hebdomadaire Le Généraliste.
Le nombre d'euthanasies pratiquées en Belgique et déclarées par les médecins est passé de 17 par mois en 2002, année d'entrée en vigueur de la loi, à 31 par mois durant la période 2004-2005 et à 37 par mois pour le début de l'année 2006.
Globalement, les Belges restent peu nombreux, 0,36 %, à mourir de cette manière, selon le rapport de la Commission fédérale de contrôle et d'évaluation de l'euthanasie.
Pour les années 2004 et 2005, il y a eu au total 742 déclarations d'euthanasie, dont 86 % en Flandre (nord) et 14 % en Wallonie (sud). Parmi celles-ci, 54 % concernaient des hommes et 46 % des femmes.
La classe des 60-79 ans est la plus représentée, avec 49 % des cas. Seules 2 % des euthanasies s'appuyaient sur des «déclarations anticipées», qui permettent aux médecins de pratiquer une euthanasie sur une personne inconsciente à condition que celle-ci en ait exprimé auparavant la volonté.
Les pathologies ayant donné lieu à une demande d'euthanasie sont toutes des pathologies sévères et incurables, souligne le rapport. Il s'agissait principalement de cancers (83 %). Neuf cas concernaient des maladies neuropsychiatriques, dont la maladie d'Alzheimer.
54 % des euthanasies ont eu lieu à l'hôpital et 39 % au domicile du patient.
Le président de la Commission d'évaluation, le professeur Wim Distelmans, souligne dans le Généraliste que ces chiffres ne portent que sur les euthanasies déclarées, certains médecins ne les déclarant probablement pas.
La loi belge relative à l'euthanasie de septembre 2002 assure la protection juridique du médecin qui pratique une euthanasie à la demande de son patient, dès lors que certaines conditions de fond et de procédure ont été respectées.
Selon cette loi, le patient doit être «capable et conscient», formuler sa demande de façon «volontaire, réfléchie et répétée» et être libre de toute contrainte.
Il doit en outre se trouver «dans une situation médicale sans issue et faire état d'une souffrance physique ou psychique constante et insupportable qui ne peut être apaisée et qui résulte d'une affection accidentelle ou pathologique grave et incurable».
Et, selon ma pensée qui veut que lorsque je traite de l’euthanasie, je rappelle à tous que je suis tout autant très attachée aux Soins Palliatifs et il va de soi que l’inverse est identique.
Ce soir, je vois se profiler avec une immense tristesse la fin de la seule association qui ne divisait pas mais qui se donnait comme mission première de réunir deux philosophies. DI.RE LA VIE n’aura pas réussi son pari...
00:00 Publié dans DIRE LA VIE (2002/2006 ) | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : euthanasie en Belgique
samedi, 04 novembre 2006
Les personnes âgées maltraitées
Le Pr Pfitzenmeyer, gériatre au CHU de Dijon, dénonce dans les hôpitaux une "maltraitance institutionnelle" des personnes très âgées. Son rapport, co-dirigé avec le
Pr Claude Jeandel (CHU Montpellier) et Philippe Vigouroux (directeur général du CHU de Limoges), remis en mai dernier au gouvernement a permis à celui-ci d'établir un "plan solidarité grand âge".
Dans un entretien au quotidien La Croix, le Pr Pfitzenmeyer estime que le plan gouvernemental n'a pas mesuré "la gravité de la situation", et si "ses orientations sont intéressantes", "les moyens sont largement insuffisants". Il explique que se développe une "ségrégation médicale et sociale" des personnes les plus âgées, les plus malades et handicapées. Pour lui, le problème "n'est pas lié à un manque de dévouement ou d'humanité des équipes médicales et soignantes" mais repose "sur des questions d'organisations et de moyens". En effet, notre médecine a évolué autour de services spécialisés (cardiologie, pneumologie, néphrologie,...) or les patients très âgés souffrent de plusieurs pathologies et ont besoin d'être soignés dans leur globalité. Or, "on ne s'est pas donné les moyens de développer des services de gériatrie, de médecine, de soins de suite, de réhabilitation,...". Ainsi ce manque de services adaptés et la pénurie de personnel conduisent "à une prise en charge indigne", à "une maltraitance institutionnelle" de la personne très âgée. "Quand on pose un plateau-repas près d'un malade et qu'on le reprend une heure plus tard, intact, sans que personne ait eu le temps de faire manger le malade, oui, c'est de la maltraitance".
Le Pr Pfitzenmeyer constate un refus collectif du vieillissement associé à la maladie, au handicap. Nous valorisons toujours l'image du "beau vieillissement", celle du beau vieillard qui conserve les facultés du jeune adulte. Ainsi, de manière insidieuse, notre société éveille un sentiment de culpabilité chez les personnes très âgées et malades du fait qu'elles coûteraient trop cher
Chaque article présenté dans Gènéthique est une synthèse des articles de bioéthique parus dans la presse et dont les sources sont indiquées dans l'encadré noir. Les opinions exprimées ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction.
La Croix (Pierre Bienvault) 02/11/06
« Le plan gouvernemental n'a pas mesuré "la gravité de la situation » je serai beaucoup plus directe en disant que les « vieux » encombrent, gênent et que si plan gouvernemental il y a ce n’est sans doute pas en faveur des vieux. Aujourd’hui, on les « parque » certes dans de beaux bâtiments mais sans se soucier de leur conserver la dignité ce qui est contraire au Droit de l’Homme. J’avoue que dans cette note je me censure, n’étant pas dans la capacité de pointer les dysfonctionnements avec calme. Je conclurai en disant que les vieux ont besoin d’une Société qui les respecte et les aime et qu’à partir de ce principe il n’y a plus d’insurmontables problèmes mis à part ceux qui touchent des intérêts personnels !
00:00 Publié dans DIRE LA VIE (2002/2006 ) | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : maltraitance des personnes âgées
vendredi, 06 octobre 2006
Article du docteur Bernard SENET (fin)
Notion de qualité de vie
Quelques règles essentielles dans notre pratique
® Ne pas »objetiser le patient, ne pas en faire un objet de soin, mais surtout un sujet qui est toujours dans la ligne de ce qu’il s’est fixé et de ce qu’il a vécu auparavant.
® Comprendre ce qui se passe sans obliger la personne à obéir à des règles que la société impose légalement ou culturellement, ce qui confronte à un conflit entre notre devoir (soigner à tout prix – protéger – la vie ; poursuivre les soins et les valeurs) et les valeurs (croyants, athée, franc maçon…)
® Ne pas transférer nos propres projets et désirs sur la personne que nous avons en charge. Respecter ce que nous savons de son projet et se donner les moyens de continuer à l’inscrire dans sa propre dynamique de vie.
® Etre attentif à ce que la vieillesse peut attirer au niveau financier : les assurances dépendance qui sont trop chères avant et après, les familles avides, les entourages mesquins, les enfants partagés, les familles éclatées.
® Nous sommes souvent au cœur de ses conflits financiers qui recouvrent toujours des problèmes affectifs. Savoir distinguer entre « leur grille » et la détresse des enfants, ce n’est pas toujours facile.
. Nous savons qu’il n’est pas toujours possible de faire le maximum pour nos anciens, essayons simplement de faire ce qui est possible ; et c’est déjà beaucoup..
L’apaisement, la bonne humeur, l’écoute, le respect, sont autant de qualité qui nous permettent d’inscrire notre accompagnement dans celui de la volonté de la personne vieillissante, et non pas dans notre projet qui est forcément différent, forcément déviant de celui dont nous nous occupons.
Accompagner c’est comprendre et respecter
Et non pas prendre et conseiller
00:00 Publié dans DIRE LA VIE (2002/2006 ) | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Bernard Senet
jeudi, 05 octobre 2006
Article du docteur Bernard SENET
Chaque patient étant différent, chaque soignant doit pouvoir comprendre et lire le vécu d’une personne et l’inscrire dans sa ligne de vie. Le respect des engagements préalables des individus est une donnée déontologique de base des soignants. Le respect de la volonté exprimée antérieurement, le respect de la dignité de la personne, même devenue incapable, est essentiel dans sa pratique quotidienne. Il est donc indispensable de réinscrire chacun dans sa ligne de vie, dans le projet qu’il formulait auparavant, de stimuler sa volonté, sa mémoire, ses désirs, ses ambitions, ses goûts, ses plaisirs… qui malgré tout nous font aussi accepter l’absence de projet, l’absence de l’envie de vivre, le désir de partir, le souhait de ne plus être une charge pour ceux qui restent (famille, conjoint, société, institutions).
Actuellement il n’y a aucune validation de documents qui permette de respecter une volonté du sujet ; il nous faut absolument des données concernant la personne que nous avons en charge, associant les dire de l’entourage, les écrits de la personne, les connaissances du voisinage et aussi ce qu’elle peut exprimer.
C’est seulement ainsi que nous pourrons respecter au mieux la volonté et l’engagement de chaque personne.
Suite demain : Notion de qualité de vie
00:00 Publié dans DIRE LA VIE (2002/2006 ) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Bernard Senet
mercredi, 04 octobre 2006
Article du docteur Bernard SENET
→ La volonté exprimée sur le lieu et le mode de la dernière tranche de vie
.Beaucoup de personnes ont projeté leur dernière phase de vie, soit à la maison, soit en institution, soit chez leurs enfants, en imaginant, en plus du cadre, leurs rythmes et leurs activités « d’anciens » Cette volonté est très rarement écrite, sauf à l’occasion de répartitions de biens entre les enfants, alors qu’elle est depuis longtemps intégrée à la ligne de vie du couple ou de la personne âgée. Cette réflexion est souvent accompagnée d’un souhait concernant l’ultime fin de vie et d’une réflexion concernant la dépendance. En effet la plupart des personnes âgées ont vécu des maladies douloureuses, des deuils, des hospitalisations, des acharnements thérapeutiques ou des absences de respect de la volonté des malades, ce qui les incite à avoir une position claire sur leur propre devenir. Malheureusement il n’est pas de coutume en France d’écrire ou de partager au sein de la famille ses volontés concernant les dernières semaines ou les derniers mois. Nous, les médecins, sommes déjà très heureux quand une personnes âgée a la capacité d’organiser son transfert du domicile dans une maison de retraite ou un foyer logement, ou quand nous voyons une famille discuter tranquillement d’un déménagement, d’un aménagement ou d’un projet concernant le ou les parents.
.→ C’est devenu un lieu commun de dire qu’il faut préparer sa mort quand on est en bonne santé, ce n’est pas si évident de préparer sa vieillesse quand on est encore adulte ; il semblerait finalement important d’y penser, plus qu’à se propre mort. Et ce n’est pas tant les circonstances des derniers jours qui comptent que les conditions de vie des dernières années. La culture du retraité actif, de la préparation au troisième âge devrait s’accompagner d’une culture du quatrième âge que l’on pourrait qualifier d’âge de dépendance. Il y a peu de personnes qui envisagent leur dépendance en dehors d’un problème financier. Il serait pourtant socialement bienvenu que chacun prévoit sur qui et à quel prix va retomber son état de dépendance. Cette anticipation serait le garant d’une certaine dignité ; prévoir que l’on sera à la charge de telle ou telle personne signifie que l’on est capable d’anticiper la perte de ses capacités et surtout les répercutions que cela a sur l’entourage proche, cela permet de ne pas être objetisé.
.Cette réflexion antériorisée représente toute notre capacité humaine et doit être socialement et culturellement un acte de reconnaissance de la liberté intellectuelle
. Suite demain : Les possibilités des soignants
00:00 Publié dans DIRE LA VIE (2002/2006 ) | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : docteur Bernard SENET
mardi, 03 octobre 2006
Article du docteur Bernard SENET
Vieillir : comme on peut ou comme on veut ?
. « Dans notre trajectoire de vie le vieillissement apparaît comme une « maladie » normale qui provoque une diminution de l’autonomie, des capacités intellectuelles, de la résistances aux changements, aux nouvelles stimulations ; mais tout traumatisme nouveau comme une maladie organique, un choc psychologique (veuvage) ou un déplacement, font cruellement prendre conscience de la période à risques dans laquelle on entre en devenant vieux..
Il est donc bien question d’analyser ici comment le patient peut manifester antérieurement un certain nombre de volontés concernant sa fin de vie, et comment les soignants ou accompagnants peuvent l’aider à en faire une période de stabilité, voire de bonheur, et pourquoi pas de plaisir.
. Etre acteur de sa vie semble être évident quand on est jeune et adulte mais cela perd progressivement de son sens avec l’âge. C’est pourquoi dans le meilleur des cas vont s’affronter la volonté du patient qui souhaite bien vieillir, et les possibilités des soignants qui souhaitent l’aider à bien vieillir ; sans que cela soit une contradiction cela peut parfois être utopique ».
Suite demain : la volonté du patient
00:00 Publié dans DIRE LA VIE (2002/2006 ) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Bernard Senet










































