dimanche, 13 janvier 2008
Se taire, cautionner ou refuser l'existant ?
Voici plusieurs jours que je m’interdis de venir donner mon petit « coup de gueule ». Faire comme la majorité ne me laisse pas particulièrement en paix… Donc pour me libérer d’une tension peu productive je vais vous faire part de mon agacement pour ne pas dire plus.
Alors que je téléphonai à une amie pour lui transmettre mes amitiés suite au décès de sa belle-mère, la conversation s’est engagée sur les derniers mois de celle-ci.
Rapidement cette vieille dame consciente s’est trouvée harnachée de couches. Pourquoi ? Pour qui ? Ce qui va suivre vous éclairera…
Un après-midi, lors de la visite d’une de sa petite fille, Madame P. a eu envie de faire « pipi », besoin naturel. Embarrassée, sa petite fille s’est adressée aux personnels qui d’un ton suffisant lui a répondu « on n’a pas le temps, elle a des couches, elle n’a qu’à faire dans ses couches »
Pas le temps ! Le maître mot. Mon amie a pu constater avec étonnement comme beaucoup d’autres d’ailleurs que dans le service où était sa belle-mère qu’au moment où le personnel manquait de temps il s’octroyait des pauses. Est-il nécessaire que je vous donne le résultat quand l'humain n'est plus au centre des soins : en 1 mois Madame P. est décédée.
Des heures supplémentaires à payer…peut être, mais que d’heures perdues en retard, en pauses multiples, en bavardages inutiles, sans parler des pauses cigarettes que vaillamment on fait par tous les temps et parfois loin des services. Les « anciens » en poste actuellement n’aspire qu’à une chose : la retraite. La rigueur, il ne faut plus l’appliquer quand on ne banalise pas le laisser faire…
A titre personnel je crains une hospitalisation qui me conduirait à ne plus être qu’une « chose » qui encombre, qui n’a plus son mot à dire. Je comprends celles et ceux qui choisissent d’autres solutions et c’est avec une immense tristesse que je fais ce constat, car j’ai connu nos hôpitaux avec peu de personnels, peu de matériels et des services de 60 malades et pourtant avec plein de rire et de gaîté qui n’ont jamais eu la bonne idée d’inscrire 5 minutes d’heure supplémentaire sur le planning. C’était hier, il est vrai !
19:05 Publié dans BILLET D'HUMEUR | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : Soins, personnes âgées, rigueur, couches, heures supplémentaires.















































Commentaires
Ma dernière hospitalisation ( en clinique privée, avec dépassements d'honoraires...) m'a permis de constater le contraire. J'ai sonné, dans l'incapacité de bouger et j'entendait l'infirmière, la main sur la poignée de la porte de ma chambre qui continuait à discuter avec une autre. Je m'en souviens très bien, il était question de ses beaux-parents qu'elle avait reçu la veille (dimanche) et qu'elle avait voulu "épater " avec une nouvelle recette.....J'ATTENDAIS !
Je reconnais aisément que ce métier est pénible, tant sur le plan physique que moral, mais, bon sang, c'est une profession qui demande un minimum de respect du malade, un amour du prochain, et l'accomplissement de la tâche confiée...
Bon j'arrête, car je sens que je vais être désagréable envers celles et ceux qui exercent ce si beau et dur métier, et que j'admire, car une grande partie de ces personnels accomplissent leur travail avec sérieux et professionnalisme et ne doivent pas pâtir d'une généralisation d'opinion.
Et puis, il y a un point que je n'ai pas abordé : le respect appelle le respect, la gentillesse et la politesse appellent la serviabilité et l'attention.... Je pense que vous comprenez ce que je veux dire, sans avoir besoin d'en dire plus...
A toutes et tous...Bonne nuit et amitiés.
Ecrit par : Anny | lundi, 14 janvier 2008
Répondre à ce commentaireQuand j'entend ça j'ai peur de vieillir, je ne veux surtout pas me retrouver dans de telles structures.
Où est le respect de la personne ? ces personnes soignantes ne pensent pas qu'un jour elles peuvent se retrouver à cette place.
Je sais que c'est un dur métier, mais si on le fait on doit le faire avec le respect de l'autre.
Pauvre France, on te dit il faut travailler plus longtemps mais aprés 47 ans on ne veut plus de toi, certains ont des retraites tellement petites aprés une vie de labeur qu'ils survivent simplement.
Aprés, finir comme ça, on t'enlève ta dignité.
Oui j'ai peur de vieillir !
Amitiés France, continue tes coups de gueule, tu as bien raison, à nous de nous battre pour surtout pas ça.
Huguette
Ecrit par : huguette | mardi, 12 février 2008
Répondre à ce commentairePourquoi ?????
Manque de personnel, augmentation de charge de travail considérable, administratif pour se protéger démentiel, et tout cela amène aun manque de reconnaissance du personnel, alors démotivation et laisser aller ......
Qui paie ? Le patient dans son lit .....
Alors hier aujourd'hui et demain sera pire et pourtant je n'ai que 35 ans mais c'est pourtant la réalité de terrain que j'ai fuis ..... Maintenant oui je suis come tout le monde , j'ai peur de mourir, enfin non de ne pas pouvoir maitriser ma mort, j'ai fais mon consentement , mes declarations selon la loi Leonetti, mais bon il faut y croire ....
Ecrit par : Céline | mercredi, 10 décembre 2008
Répondre à ce commentaireQuant à redouter de finir ma vie dans un lit d'hopital c'est indescriptible et si je suis atterrée par les confidences, je crains que l'avenir soit encore plus sombre. Courage Céline et dans les moments de doute : dites vous "si j'étais à sa place"
Ecrit par : France | jeudi, 11 décembre 2008
Répondre à ce commentaireAujourd'hui nous sommes face à des cadres admnistratifs, ils ne sont plus dans les équipes;
Je suis d'accord aussi avec vous de voir des jeunes arrivés au boulot fatigués, manquant d'entrain, je dirais une honte....Mais que faire ??? Le personnel motivé travaille deux fois plus que les autres.
Que faire ?? je ne sais pas moi meme, j'ai quitté le monde hospitalier car je ne supportais plus passer 6 heures sur 8 à etre sur les papiers ......
Voilà, alors courage France, meme si je suis jeune, je suis de mentalité ancienne et j'aurai aimé etre moi meme cadre, mais cadre de l'ancienne génération..
Bonne chance pour la suite
Ecrit par : Céline | vendredi, 12 décembre 2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : France | samedi, 13 décembre 2008
Répondre à ce commentaireJe sais qu'être surchargée de travail, surtout s'il s'agit de tâches administratives, ne peut qu' exéder les soignants, Mais ? Est-ce une raison pour ne pas être souriante et gentille avec les patients ? ?
SE TAIRE, CAUTIONNER ou REFUSER L'EXISTANT, c'est ce que tu écris, France....J'avoue que je ne sais quelle option choisir....mais je penche tout de même pour la 3ème solution. La seule chose est qu'il faut rester courtoise et polie, mais on peut exprimer son mécontentement pour une situation qui est inconfortable pour le malade...
Amitiés aux habitué(e)s et bienvenue aux nouvelles et nouveaux.
Ecrit par : ANNY | dimanche, 21 décembre 2008
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