dimanche, 01 juillet 2007

La parole aux soignants de la classe des petites gens dont nous sommes tous

Tout le monde ne peut être Président de la République, ancien ou nouveau premier Ministre ou autres fonctions d’Etat ou Président de filiales de multinationales, c’est une  des nombreuses raisons de l’existence de ce bloc-notes.

Un blog où enfin un soignant (Manu – lire son commentaire  du 30 juin) ose prendre la parole que c’est réconfortant et en plus quelles richesses pour nous consommateurs potentiels de soins. Nous les malades ou familles de malades de toute façon NOUS futurs mourants (là je suis sûre de ne pas me tromper, nous serons tous confronter à ce moment) nous sommes habités par des peurs, des angoisses liées à notre vécu. Il est vrai que nous attendons beaucoup des soignants et c’est bien qu’aujourd’hui un soignant vienne nous partager son quotidien.

Manu je ne pense pas que l’on puisse dire avant de penser à sa fin de vie, qu’il est plus urgent de penser à son « bien vivre ». Ce sont 2 besoins différents. C’est un peu comme si tu me disais avant de dormir il vaut mieux manger. Non, il faut les deux. Et ce n’est pas impossible d’exiger de bonnes conditions de vie et en même temps vouloir avoir le choix de sa fin de vie.

Si je suis le contenu de ton commentaire, j’approuve et me rallie à ton constat : tout est à construire. Tu avances le malaise des médecins traitants et tu connais le problème. Je pense sincèrement que le Conseil de l’Ordre devait se pencher sur la formation des médecins qui passe souvent par la visite d’un laboratoire entre 2 clients. Or, pour l’approche du malade, pour le voire dans sa globalité il n’y a pas de laboratoire et le temps leur manque (pas sûre) pour apprendre à comprendre l’Homme sain et bien plus encore l’Homme malade (douloureux, angoissé, dépossédé de tout repaires).

Tu évoques un problème que j’ai déjà abordé à plusieurs reprises celui de la prise en charge d’un malade que l’hôpital inscrit sortant. C’est la galère pour les malades dépendants et les services concernés qui parfois se renvoient les personnes faute de lits, puisqu’ils sont assujettis à un nombre fixe. J’ai entendu et entends régulièrement le désespoir de certains services ruraux à qui l’on confie des malades qui ne sont pas de leur compétence. Qu’il est regrettable que je ne possède aucun titre pour inviter Monsieur le Président de la République ou Madame la Ministre de la Santé pour leur proposer une petite journée avec des soignants ou aide à domicile. Au cas où vous pourriez les contacter, merci de les informer de mon désir le plus fou pour ce jour (je sais que ce c’est qu’un rêve). En attendant, services de soins à domicile, associations diverses font ce qu’ils peuvent pour apporter les soins élémentaires ce qui pour autant ne signifie pas une fin de vie souhaitable et souhaitée.

Manu tu as un désir non seulement légitime mais indispensable : celui de l’aide au soignant. Pour avoir mis en évidence cette nécessité après un relevé des besoins dans les services de réanimation et urgence en particulier, je ne peux qu’appuyer cette revendication. Les soignants sont des femmes et des hommes de chairs avec des faiblesses qu’il faut prévenir pour ne pas les abandonner dans une détresse morale ou pire encore pour ne pas les laisser s’installer dans le « j’men fiche » détestable (ça existe, hélas).

Manu, j’espère avoir répondu à ton commentaire et te souhaite tout le courage nécessaire pour bien vivre ta vie de soignant et en reçoit toutes les marques de gratitude que tu mérites. Bises.

Commentaires

Tout comme toi, France, j'ai bien ressenti le besoin de soutien que sollicite MANU, ce soignant qui voudrait le bien être de ses malades mais n'a guere la possibilité, faute de moyens, faute de structures, faute du soutien des médecins de pouvoir toujours le leur offrir.
Qu'il soit remercié de nous avoir fait part de ses peurs, de ses angoisses, de son désir d'adoucir la vie des patients dont il a la charge, sans toutefois avoir les moyens de le faire. Je pense que les malades souffrants sont conscients de l'intérêt qu'on leur porte et ils doivent percevoir l'attention que leur dispense Manu et même si cela ne calme pas leurs angoisses et leurs souffrances, cela leur procure un peu de soulagement. C'est un métier dur et ingrat, mais quand il est fait avec humanité, sensibilité, et je dirais presque avec attachement à ces êtres douloureux, il est toujours bénéfique et apporte un peu de sérénité et d'apaisement, au moins moral, à ces êtres qui subissent sans pouvoir rien y faire.

Ecrit par : Anny | dimanche, 01 juillet 2007

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Parler de l'aide à l aidant, n est pas un appel au secours pour les professionnels de santé ,mais bel et bien un soutient moral et technique aux conjoints , aux concubins et toutes autres personnes qui s impliquent sur ce long chemin qui mène vers cette inconnue que nous nommons la mort . Avant d'autoriser cet acte qui permettrai a chacun de réellement choisir sa fin, ne pouvons nous donc pas apaiser ces derniers instants, la panoplie de médicaments n'est t elle pas assez grande, ne suffit il pas juste d une pointe d' humanité de génerosité pour oser offrir ce que nous serions incapable de supporter pour nous ou pour les nôtres. N'est il pas inhumain que d' autoriser une sortie sans explication, sans aide humaine et technique, sans prise en charge médicalisée, seulement une visite du médecin traitant qui passe et qui part sans réellement rien avoir apporté de plus si ce n'est un autre rendez vous, s'il y a un autre jour. Entre temps c est avec ses angoisses ses peurs que l'aidant non professionnel doit faire face, quitte a vivre parfois un cauchemard. amicalement a tous

Ecrit par : manu | dimanche, 01 juillet 2007

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Il m'est difficile de donner un avis judicieux sur ce sujet que je connais mal ! les quelques contacts que j'ai pu avoir avec les maisons de retraite médicalisées sont récents et m'effraient réellement - aussi bien soient-ils - et là je rejoins le propos de Manu = les accompagnants non professionnels, c'est à dire la famille proche n'est pas préparée pour la prise en charge d'un malade en fin de vie -
Il y a la souffrance physique, qui elle devrait pouvoir être soulagée avec les moyens actuels dont nous disposons - c'est dit et répété - mais est-ce appliqué ?
Mais il y a aussi la souffrance morale - qui souvent est encore plus grande pour les "accompagnants" que pour la personne en fin de vie pas toujours très consciente de son état.
Et celle-là, comment peut-on la gérer ?

C'est bien de tout cela que nous parle Manu ?
Ai-je bien compris ?

Ecrit par : soisik | lundi, 02 juillet 2007

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